Apple Intelligence – au revoir ChatGPT, bonjour Google Gemini

Daniel Vinet
Daniel Vinet

Le 12 janvier dernier, Apple et Google annonçaient, via une déclaration conjointe (anglais), un partenariat pour l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) Gemini (Generalized Multimodal Intelligence Network) comme moteur à Apple Intelligence et, surtout, la refonte de Siri.

Dans cette entente, Apple versera 1,2 milliard de dollars annuellement à Google. C’est beaucoup d’argent, me direz-vous ? Effectivement ! Cependant, il ne faut pas oublier que Google verse annuellement 20 milliards à Apple pour prioriser son moteur de recherche dans le fureteur Safari. En tant que consommateur, ne craignez rien : vous avez toujours le choix d’un autre moteur de recherche.


Au revoir, ChatGPT… mais pourquoi ?

Après avoir offert ChatGPT depuis plus d’une année, Apple a réévalué le marché et elle a choisi une valeur sûre, Google Gemini. Les éléments à retenir sont les suivants :

  • Gemini 3 offre des performances supérieures à ChatGPT.
  • Google offre une infrastructure établie qui est en mesure de répondre aux milliards d’appareils Apple sur le marché en plus d’offrir un modèle évolutif.
  • OpenAi, firme créatrice de ChatGPT, est une jeune entreprise dont le seul modèle d’affaires est l’IA, ce qui n’est pas le cas de Google.
  • OpenAI est en déficit depuis sa création. Elle ne génère aucun profit et ses dépenses ne cessent d’augmenter en raison des investissements colossaux requis par l’IA.
  • Ses revenus actuels sont insuffisants pour combler les dépenses actuelles et la firme s’engage dans davantage de dépenses pour des centres de données.
  • Pour répondre à ses besoins financiers, OpenAi doit quintupler sa clientèle payante actuelle, qui se situe autour des 40 millions, et ce, en quelques années à peine. Or, ce nombre de clients tend à plafonner depuis quelques mois.
  • Pour ces raisons, plusieurs investisseurs commencent à questionner la viabilité à long terme d’OpenAI.

Le montage financier entre Oracle, Nvidia et OpenAI

D’un autre côté, nous apprenions récemment un montage financier entre les firmes Oracle, Nvidia et OpenAI qui ressemble davantage à une entourloupette destinée à satisfaire les investisseurs.

Le modèle est le suivant :

Rôle d’Oracle
  • OpenAI a signé avec Oracle un contrat d’infrastructure infonuagique d’environ 300 milliards de dollars sur cinq ans à partir de 2027, pour héberger une grande partie de sa future capacité de calcul (projet Stargate LLC).
  • Oracle Cloud Infrastructure (OCI) fournira plusieurs gigawatts (GW) de capacité de centres de données (environ 4,5 GW supplémentaires annoncés en 2025) dédiés aux charges d’IA d’OpenAI.
  • Pour équiper ces centres de données, Oracle prévoit d’acheter de l’ordre de 400 000 processeurs graphiques (GPU) Nvidia de dernière génération (série GB200) pour environ 40 milliards de dollars, qu’elle « loue » ensuite à OpenAI via OCI.
Rôle de Nvidia
  • Nvidia fournit la quasi-totalité des accélérateurs IA (GPU et réseau) qui équiperont ses nouvelles grappes de serveurs d’Oracle pour OpenAI.
  • En parallèle, Nvidia et OpenAI ont signé en 2025 une lettre d’intention pour déployer au moins 10 gigawatts de centres de données IA basés sur les systèmes Nvidia, représentant des millions de GPU pour les futurs modèles d’OpenAI.
  • Nvidia prévoit d’investir jusqu’à 100 milliards de dollars dans OpenAI au fur et à mesure du déploiement de ces gigawatts, ce qui lui donne un intérêt financier direct dans la croissance de l’infrastructure d’OpenAI.
Rôle d’OpenAI
  • OpenAI devient le client à très long terme, s’engageant à consommer des centaines de milliards en capacité infonuagique d’Oracle pour entraîner et déployer ses modèles de prochaine génération avec comme objectif explicite la « superintelligence ».
  • L’accord avec Oracle lui permet de diversifier son calcul en dehors d’Azure de Microsoft, en accédant à des grappes de serveurs Nvidia, tout en gardant Microsoft comme partenaire important pour les produits commerciaux.
  • OpenAI optimise ses futures architectures de modèles et de logiciels avec les feuilles de route matérielles et logicielles de Nvidia, ce qui renforce l’intégration verticale entre ses modèles et l’infrastructure sous-jacente.

En résumé, OpenAI prépaie (via un contrat pluriannuel) de gigantesques ressources infonuagiques chez Oracle. Cette dernière utilise cet argent pour acheter des GPU à Nvidia et celle-ci réinvestit une partie dans OpenAI et continue d’être son fournisseur privilégié.


Apple a finement joué la partie

Pour en revenir à l’annonce du partenariat AppleGoogle, dans tous ces contrats et milliards de dollars d’investissement, au final, la firme qui s’en tire le mieux, c’est Apple et voici pourquoi.

Apple a une réputation d’être en retard dans certaines percées technologiques. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’elle adopte simplement une position de recul face à la frénésie du moment. Puis, suivant une analyse des tendances, des marchés et des avancées technologiques, Apple se lance avec assurance offrant un choix, souvent abouti, à ses utilisateurs.

Dans le cas présent, Apple a refusé de participer à la course folle des IA, des LLM et autres lubies de même genre. Elle laisse cette folie à ceux qui veulent bien y dépenser des sommes astronomiques, puis devient cliente du leader du moment.

Comme j’avais mentionné dans cet article datant d’août dernier, Apple n’a jamais voulu participer à cette course des IA. Malgré les imbroglios internes et des promesses non livrées concernant Apple Intelligence, je crois que l’année 2026 sera celle où les utilisateurs de produits Apple auront droit à une assistance IA non intrusive et qui saura répondre à leurs besoins au moment désiré tout en respectant les hauts standards de confidentialité reconnus de la firme à la pomme.

Informatiquement vôtre,

Daniel Vinet


Post-scriptum 

L’IA Perplexity a été utilisé afin d’enrichir le contenu de cet article.

6 réflexions sur « Apple Intelligence – au revoir ChatGPT, bonjour Google Gemini »

  1. merci pour les informations. je consulte CHATGPT et je n’ai pas Apple mais Windows. Est-ce possible dans ce contexte de bénéficier de Gemini ? merci

    1. Bonjour Marie-Claude,
      En attendant que Daniel puisse vous répondre, ma recherche sur mon moteur de recherche m’apprend que:
      Gemini est l’IA « native » de Google
      « CoPilot » est l’iA native de Windows.
      Mais ChatGPT peut être téléchargé par les OS Google, Windows et Apple.

      À plus tard.

  2. Merci Daniel pour cet article des plus instructifs, bien écrit et documenté comme d’habitude.
    C’est assurément une stratégie conservatrice d’Apple de ne pas sauter immédiatement dans de nouvelles aventures technologiques et dans sa position contractuelle avec Google, une décision financière avantageuse.
    Par contre, cela risque de lui créer une dépendance à long terme avec les choix stratégiques de Google et ce sans trop d’influence possible de sa part.
    On sait tous qu’il est parfois très risqué de mettre tous ses oeufs dans le même panier avec un partenaire dominant.

    1. Bonjour, Sylvain, et merci pour ton commentaire très pertinent. Personnellement, je pense que du côté Apple, c’est un « en attendant ». Apple n’est pas du genre à dormir en attendant mieux, ils doivent avoir un projet en parallèle qui sortira au temps apportun. À suivre…

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