Éditorial – janvier 2013

Photo-Andre-Charest-Editorial

Réduire sa vie?

On n’y porte pas attention. La chose peut nous arriver autant qu’aux autres. Si on s’y intéresse, on constate autour de soi des gens qui réduisent leur vie. La chose peut se produire sans raison apparente, mais elle survient souvent par suite d’un événement marquant comme un départ à la retraite, la perte d’un être cher (peu importe la façon), une maladie, un déménagement, etc.

Il arrive qu’on n’ait pas le choix. La maladie par exemple peut nous obliger à le faire. Mais est-ce toujours le cas? Poser la question, c’est y répondre.

Prenons un cas de départ à la retraite où le principal milieu social du retraité était son entourage au travail. Celui-ci peut décider de ne pas remplacer ce milieu social par un autre ou de ne pas compenser ce manque d’une autre façon. Ce retraité vient de réduire sa vie.

Presque tout le monde connaît un couple aimant et stable qui s’est formé grâce à un site de rencontres. Bien sûr, il faut être très prudent quand on cherche l’âme sœur de cette façon. Je connais un couple qui s’est formé il y a cinq ou six ans grâce à un site de rencontres et qui aujourd’hui va très bien. Les deux tourtereaux n’auraient autrement jamais eu une chance de se rencontrer, chacun vivant dans un milieu différent à plusieurs kilomètres l’un de l’autre. L’homme était veuf et la femme divorcée. Ni l’un ni l’autre ne voulait réduire sa vie. Ils ont choisi de partir à la recherche de l’âme sœur en utilisant une vieille méthode, rendue moderne grâce à Internet.

Ce n’est pas la seule façon d’éviter de réduire sa vie. Un nouveau retraité pourrait décider de remplacer son milieu de travail perdu en se portant volontaire à une soupe populaire. Il se rendrait utile à la société tout en découvrant un milieu social de remplacement. Il y tisserait des liens avec des gens qui ont à cœur le bien des autres.

Je connais un retraité qui donne de son temps en effectuant le transport de personnes démunies entre leur domicile et l’hôpital ou le médecin pour se rendre à des rendez-vous. D’autres retraités suivent des cours à l’université du troisième âge ou à l’université tout court. Il y a quantité de gens qui entreprennent, une fois à la retraite, des projets dont ils ont toujours rêvé, mais n’ont pu réaliser avant faute de temps.

Je reviens à mes tourtereaux. Lui a sa résidence principale à Laval et possède une maison de campagne à L’Assomption; elle a un condo à l’Île-des-Sœurs. Ils passent de trois à quatre jours par semaine ensemble à la maison de campagne et le reste du temps chacun chez soi, sauf pour des sorties. Et tout cela, grâce à leurs initiatives respectives et à Internet. Le cas est assez spectaculaire pour qui les connait. Mais il y a énormément d’autres exemples moins frappants, mais tout aussi heureux.

Internet est une source importante de renseignements de toutes sortes pour nous aider à ne pas réduire nos vies. Il faut juste réfléchir à sa vie et se demander si on n’est pas en train de la réduire ou si on ne l’a pas déjà fait. Il n’est pas nécessaire d’attendre le départ à la retraite pour faire cet exercice. Réduire sa vie peut arriver, même si l’on est encore au travail.

En ce début d’année 2013, comme à tous les débuts d’année, le temps est à la prise de résolutions. Prenons donc la résolution de nous interroger sur notre vie et son sens. Demandons-nous si nous ne sommes pas en train de la réduire ou ne l’avons pas déjà fait. L’exercice terminé, si effectivement, nous constatons que nous sommes en train ou avons déjà réduit notre vie sans justification valable, cherchons comment éviter ce piège ou en sortir. Dans les moyens à notre disposition pour y arriver, n’oublions pas Internet, cette source jamais égalée auparavant de renseignements de toutes sortes.

Nous avons la grande chance de vivre dans un pays riche où le nombre de possibilités est immense. Nous serions bien bêtes de nous en priver. Profitons des opportunités qui s’offrent à nous pour ne pas réduire nos vies.

Bonne année 2013.

André Charest

5 réflexions au sujet de « Éditorial – janvier 2013 »

  1. Merci de ces commentaires si remplis de sagesse !
    Il faut apprendre à profiter du 21e siècle pour continuer à avancer… sinon, très subtilement on peut reculer. Des fossés de plus en plus difficiles à franchir surviennent et nos outils de réflexions risquent de demeurer à « pause ».
    Qu’en pensez-vous ?

  2. Bon matin,

    Un mot pour vous dire que j’ai beaucoup apprécié la justesse de votre propos. C’est effectivement vrai que souvent c’est ce qui se passe et c’est subtil, cela se fait graduellement jusqu’à ce qu’un jour on réalise cette espace crée entre la réalité et nous. Dans ce monde informatisé, si on ne se tient pas informés, un fossé entre les générations peut se créer. On n’a pas de photos de nos enfants qui grandissent mais les étrangers qui eux vont sur facebook en ont. On doit réagir et c’est ce que je suis en train d’amorcer avec l’aide de mon amie retrouvée après plus de 40 ans Huguette Turgeon.

    Comme je demeure à Blainville, je vais voir comment je peux gérer tout cela. Il est possible que le vendredi je puisse créer un espace à cet effet. C’est donc à suivre.

    Merci encore pour cette belle générosité des mots…

    Anick Bélisle…, nouvellement abonnée à l’info lettre.

    Citation:  » L’homme a ce choix: laisser entrer la lumière ou garder les volets fermés » – Henry Miller

  3. Merci M.Charest de nous faire réfléchir sur certaine décission que l,on peut faire dans notre vie.

    Au plaisir de vous lire sous peu.

    Colette Rousseau

  4. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Il faut vivre sa vie jusqu’au bout et le plus pleinement possible. Donc une bonne année 2013 riche d’expériences et de rencontres stimulantes qui font du bien.

  5. Bonjour André
    Belle réflexion sur la retraite et la vie à la retraite.
    Félicitations et Bonne Année 2013.
    Robert

Les commentaires sont fermés.