L’astronomie à partir de chez vous

Richard Gervais
Richard Gervais

Les planètes et les étoiles ont toujours fasciné l’Humanité. L’astronomie est la science qui étudie ces corps célestes. Au début, l’observation du ciel se faisait à l’œil nu ou avec des télescopes optiques. Depuis l’apparition d’ordinateurs performants, l’informatique est devenue indissociable de l’exploration spatiale. En effet, le contrôle des fusées et le décodage de l’information provenant des satellites seraient impensables sans l’aide des ordinateurs. Des bonds importants ont été réalisés dans l’observation de l’Univers, entre autres, à l’aide de télescopes placés sur orbite comme Hubble ou WMAP.

Il est possible de vous intéresser à l’astronomie à partir de chez vous à l’aide de votre ordinateur personnel!

Vous cherchez peut-être à vous échapper loin de tout en cette période des impôts ? Rien de tel que de contempler un moment les étoiles pour mettre les choses dans leur vraie perspective en cliquant ici.

L’astronomie et l’astrophysique ont fait des pas de géants depuis un peu plus d’une cinquantaine d’années. Wikipédia en dresse un portrait intéressant.


Station spatiale internationale

Il est possible de voir en temps réel ce qui se passe sur Terre en regardant par le fenêtre de la Station spatiale internationale (International Space StationISS, en anglais).

Vous ne pourrez pas vérifier s’il pleut ou non chez vous, car vous vous trouvez alors entre 350 et 400 kilomètres d’altitude. En bas du flux vidéo, il y a  une carte permettant de positionner la station sur la surface terrestre. Comme l’ISS fait une orbite environ toutes les 92 minutes, l’alternance entre le jour et la nuit se fait rapidement. Par une nuit sans nuage, la Station spatiale est observable à l’œil nu à partir du sol.

Il est intéressant de rappeler que le Canada contribue activement à la mission de la Station internationale. L’Agence spatiale canadienne est basée au Centre spatial John H. Chapman situé sur la Route de l’aéroport à Saint-Hubert.

D’autres informations sur la Station spatiale sont disponibles ici sur Wikipédia.


Images de Pluton par New Horizons

Pluton se situe très loin de la Terre ; il y a près de 6 milliards de kilomètres entre nous et cette planète. Même à la vitesse de la lumière, cela prend quatre heures et demi pour franchir cette distance.

Les images ci-dessous proviennent du télescope Hubble et c’était ce qu’on avait de mieux comme photographies de Pluton jusqu’à tout récemment. Quoique peu détaillées, elles ont quand même requis des calculs de 20 ordinateurs travaillant en permanence pendant quatre ans.

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La NASA a lancé la mission New Horizons vers Pluton le 19 janvier 2006. Habituellement, les satellites utilisent des panneaux solaires pour s’approvisionner en électricité. Comme l’intensité lumineuse du Soleil est très faible près de Pluton et qu’il fait très froid, un réacteur nucléaire contenant une petite quantité de Plutonium-238 a été embarqué ; une puissance de 213 watts était disponible en 2006. Celle-ci diminue au fur et à mesure que le plutonium se désintègre.

Sur New Horizons, il y a une caméra de 1024 par 1024 pixels opérant sur une profondeur de données de 12 bits par pixel. En utilisant une compression JPEG sans perte, chaque image est réduite à environ 2,5 Megabits. Cette information doit être acheminée vers la Terre à l’aide d’ondes radio. Comme la puissance électrique disponible est très limitée, il est nécessaire d’émettre l’information à faible puissance et d’étirer le temps de transmission des données. Avec un taux de transfert d’environ 1 à 2 kilobits par seconde, cela prend de l’ordre de 42 minutes pour transmettre une seule image.

À 12500 kilomètres d’altitude, le passage le plus rapproché de Pluton  s’est fait le 14 juillet 2015. Plusieurs images saisies lors de cette rencontre resteront sur deux disques de 32 Gigaoctets pendant plus seize mois, en attente de leur transfert graduel vers la Terre. Un exemple d’une des premières images transmises en 2015 est présentée ci-dessous :

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Il s’agit évidemment d’un net progrès par rapport aux trois images montrées un peu plus haut. Cela prendra toutefois des années afin d’analyser toute l’information recueillie.


Détection expérimentale des ondes gravitationnelles postulées par Einstein en 1916

Vous ne l’ayez peut-être pas remarqué, mais un événement titanesque s’est produit le 14 septembre 2015. Deux observatoires LIGO (Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory) ont détecté la collision de deux trous noirs ; ces objets faisaient respectivement 29 et 36 fois la masse de notre Soleil. Le choc ne date pas d’hier puisqu’il est estimé à 1,3 milliard d’années avant aujourd’hui. Il a fallu tout ce temps pour que le « bruit » de cette collision très lointaine arrive jusqu’à nous. Un article du journal Le Devoir présente cette nouvelle.

Un exposé en langue anglaise d’environ 11 minutes a été fait en février dernier au sujet de cette découverte très importante. Il est possible d’écouter cette conférence TED.com avec des sous-titres en français.

Dans sa théorie de la relativité générale, Einstein avait anticipé en 1916 la possibilité que l‘espace-temps puisse être déformé par des objets de très grande masse comme des trous noirs. Il a fallu un siècle pour faire la preuve expérimentale de son intuition en lien avec les ondes gravitationnelles.


Rappel sur les présentation passées du CIMBCC

La plupart des présentations passées du CIMBCC peuvent être consultées en ligne. En octobre 2013, il y avait eu un exposé de Guy Bélanger au sujet de l’astronomie. Il s’agit d’un bon point de départ si le sujet vous intéresse. Vous pouvez retrouver ses notes de présentation à cet endroit.


Conclusion

Lorsque nous écoutons les nouvelles quotidiennes à la télévision ou à la radio, il est très souvent question de conflits et de problèmes. Il peut être reposant de contempler des objets dont la durée s’inscrit plutôt en milliards d’années. L’agitation humaine reprend alors sa vraie dimension. Comme Hubert Reeves nous le rappelle, n’oubliez pas que nous sommes tous de la poussière d’étoiles.

Richard Gervais

Références utiles pour Pluton (en langue anglaise)

Transfert d’information

Caméra LORRI

5 réflexions au sujet de « L’astronomie à partir de chez vous »

  1. Ce qui me fascine dans l’astronomie, c’est que les physiciens utilisent le ciel comme un immense laboratoire.

    Les phénomènes de la physique relativiste et quantique se passent à des échelles qui ne permettent pas toujours de déceler et reproduire ces phénomènes sur terre.

    Pour pallier ce problème, les physiciens, qui ne manquent pas d’imagination, observent le ciel, constatent certains phénomènes, font des hypothèses, puis se tournent de nouveau vers le ciel pour prouver leurs hypothèses.

    C’est merveilleux! Il n’a pas de limites à la curiosité et à l’ingéniosité humaine.

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