Les corvées agricoles à l’ère du 2.0

Céline Dion-Darveau
Céline Dion-Darveau

Les sites tels que GofundMe sont de plus en plus utilisés pour lancer des campagnes de sociofinancement. Mais saviez-vous que la coutume ancestrale des corvées renaît grâce aux corvées 2.0?

Il existe maintenant deux sites de sociofinancement spécialisés pour les gens du milieu agricole qui ont besoin d’organiser des levées de fonds spécifiques à leur besoin: reconstruction d’un bâtiment agricole suite à un incendie, projet d’agrandissement de fond de terre, etc. Il s’agit des sites www.haricot.ca et www.laruchequebec.com.

Une coutume qui date de la colonisation

Sans les grandes corvées, le paysage agricole québécois n’aurait pas le même visage aujourd’hui. Cette tradition d’entraide remonte à l’arrivée des premiers colons au Québec.

« Autrefois, les cultivateurs ne pouvaient pas se passer des corvées. Ils n’avaient pas d’employés », raconte l’écrivaine beauceronne Jeanne Pomerleau, auteure de nombreuses œuvres dont Corvées et quêtes – Un parcours au Canada français, de même que Les grandes corvées beauceronnes.

« Toutes les corvées, c’était pour travailler ensemble, mais aussi pour fêter et être moins seul. Il en existait pour à peu près tout. Les gens formaient des groupes de 14 ou 15. En peu de temps, la maison était montée », poursuit Mme Pomerleau.

Chaque saison amenait son lot de corvées. Le printemps était synonyme de sciage de bois. Durant l’été, même le contrôle des « bibittes à patates » faisait l’objet de corvées en famille. À l’automne, les habitants faisaient boucherie. Aujourd’hui, les corvées de bois de chauffage sont d’ailleurs toujours présentes dans nos campagnes.

De nos jours, l’isolement et le poids de la solitude dû au manque de relève affectent beaucoup le milieu agricole. Une maison de répit dédiée aux agriculteurs souffrant d’épuisement professionnel a d’ailleurs ouvert ses portes, il y a quelques années (Au coeur des familles agricoles).

Céline Dion

Source

« La terre« , édition du 12 juillet 2017

3 réflexions au sujet de « Les corvées agricoles à l’ère du 2.0 »

  1. Je ne connaissais que les sites de financement américains. Merci pour le contexte historique particulier au Québec.

  2. C’est une bonne chose de voir que la corvée renaît, mais avec le temps, la corvée a changé de nom pour le bénévolat, afin de pouvoir aider les gens dans tous les domaines, même l’informatique.

Les commentaires sont fermés.