Propagation autonome de l’intelligence artificielle et trois questions abordées dans la Boîte de réception de La Presse

Denis Charron

Deux chercheurs d’Anthropic ont annoncé que de petits modèles d’intelligence artificielle peuvent se propager de manière autonome sur des objets connectés. Ce n’est pas très rassurant.

Trois questions abordées de la Boîte de réception de La Presse sont aussi résumées dans cet article :

  • Pourquoi le Québec ou le Canada ne permet-il pas le vote électronique ?
  • Desjardins offre la possibilité d’utiliser “Assist Identité” pour voir si nos informations circulent sur le web caché. Est-ce sûr ?
  • Est-ce risqué de donner à l’intelligence artificielle agentique Muse, de Facebook, l’accès à mon agenda et à mes comptes personnels ?

L’intelligence artificielle peut se reproduire

Des expériences récentes ont montré qu’une intelligence artificielle (IA) peut, par elle-même, s’installer sur d’autres objets connectés. Elle arrive à fonctionner dans des appareils ayant peu de capacité de calcul et de mémoire en utilisant l’ensemble des ressources de toutes les unités qu’elle contrôle.

Cette chronique de Bruno Guglielminetti vous donnera plus de détails.

« Et si une intelligence artificielle pouvait se copier elle-même, passer d’un appareil à un autre et continuer à fonctionner sans jamais dépendre d’un grand centre de données ? […] Téléviseurs intelligents, caméras de surveillance, aspirateurs robots et même électroménagers pourraient éventuellement servir d’hôtes à ces programmes. Une perspective qui soulève de nouvelles inquiétudes en cybersécurité, notamment parce qu’une telle intelligence artificielle pourrait devenir particulièrement difficile à éliminer une fois installée sur un grand nombre d’appareils. […] Face à cette possibilité, Anthropic insiste sur la nécessité de renforcer dès maintenant la sécurité des objets connectés. »


La Boîte de réception de La Presse du 14 octobre 2026

Dans la chronique de la Boîte de réception de La Presse, un journaliste, Alain McKenna, répond aux questions informatiques des lecteurs.

Cette semaine, les questions sont :

  • Pourquoi le Québec ou le Canada ne permet-il pas le vote électronique ?
    « Par définition, une élection doit respecter deux règles opposées : le vote doit demeurer secret, mais la vérification des résultats doit être fiable. Dès qu’un ordinateur ou un réseau entre en jeu, on ajoute un maillon à cette chaîne. Aucun système informatique n’est totalement inviolable face aux attaques, aux pannes ou aux soupçons de manipulation. L’électeur moyen ne peut pas non plus auditer le code d’une machine pour valider sa neutralité. »
  • « Desjardins nous offre la possibilité d’utiliser “Assist Identité” pour voir si nos informations circulent sur le web caché. À l’ouverture du compte, il faut fournir plusieurs renseignements personnels. Est-ce sûr ? »
    « Vous pouvez débuter avec vos adresses courriel et vos numéros de téléphone. Cette veille ciblée devrait suffire pour repérer la majorité des fuites sans fournir les détails de vos cartes. […] Confier ses coordonnées financières les plus sensibles à un service tiers afin de vérifier sa sécurité est un paradoxe étrange, mais ce service offert par Desjardins semble tout à fait sûr. »
  • « Muse, l’IA de Meta [Facebook], collecte quelles données personnelles ? Est-ce risqué de lui donner accès à mon agenda et à mes comptes personnels ? »
    « Votre méfiance envers Muse est justifiée. Des sites spécialisés déconseillent d’ailleurs de lui donner plein accès à son ordinateur personnel, tant sa collecte de données est grande. […] L’accès à vos comptes ne devrait jamais être automatisé. Par exemple, Meta propose un module de contrôle nommé Sentinel. Si vous activez Muse, surveillez-le avec sévérité. Si vous souhaitez tester Muse pour planifier un voyage ou négocier un forfait par abonnement en ligne, ce pour quoi l’IA excelle, accordez-lui une permission temporaire, puis retirez cet accès dès la tâche terminée. »

Denis Charron

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