Aînées, aînés et outils numériques : un bel amalgame ! (3e partie)

Pierre Delisle
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Volet 3 de 3 – Les gadgets numériques pour le suivi de la santé

Dans un article précédent, je vous exposais certaines statistiques avec des projections démographiques. Revoyons la croissance prévue au niveau du vieillissement de la population :

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Avec une population plus à risque, sans aucune action systémique, les frais de santé exploseront. Il faut donc trouver comment nous pourrions diminuer cet effet. Il y a deux possibilités de solution :

  1. L’utilisation d’Internet en matière de santé ;
  2. Le Télésoin.

Cet article développera ces solutions et parlera d’outils technologiques disponibles pour réaliser le suivi de votre santé.

Utilisation d’Internet en matière de santé

Selon NETendances, en 2021, près des deux tiers des aînés québécois (61 %) utilisaient Internet pour s’occuper de leur santé, ce qui représente une augmentation de 17 points de pourcentage par rapport à 2020 alors qu’ils étaient 44 % à le faire.

De manière plus spécifique, plus de la moitié des aînés interrogés (54 %) ont utilisé Internet pour prendre rendez-vous avec un professionnel de la santé en 2021, que ce soit pour obtenir une consultation médicale d’urgence, se faire vacciner contre la COVID-19 ou rencontrer un médecin de famille, un optométriste ou un dentiste. Ce résultat est en forte hausse de 28 points par rapport à 2020 alors que le pourcentage des aînés à avoir fait la même chose était de 26 %.

Les aînés québécois sont également plus nombreux (31 % en 2021 comparativement à 21 % en 2020) à remplir une prescription ou à renouveler des médicaments d’ordonnance sur le site Web ou l’application mobile de leur pharmacie.

Enfin, en 2021, c’est près d’un aîné sur cinq (18 %) qui a utilisé Internet pour réaliser en ligne une consultation avec un professionnel de la santé comme un médecin, un pharmacien ou un psychologue.

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Quoiqu’un peu moins spectaculaire, Isarta nous informe aussi qu’en 2021, un peu plus du quart (26 %) des aînés-internautes québécois âgés de 65 ans et plus disposant d’un téléphone intelligent ou d’une tablette électronique affirment avoir utilisé des applications mobiles pour suivre leur santé et leur bien-être en ligne.

Notons que les aînés qui habitent dans l’ouest du Québec sont relativement plus nombreux (34 %) à avoir fait l’usage de ces applications mobiles servant à suivre des aspects spécifiques reliés à leur santé et à leur bien-être.

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Suivis au moyen d’applications mobiles

À la question « Quel(s) aspect(s) spécifique(s) de votre santé ou de votre bien-être parmi les suivants avez-vous suivis au moyen de cette ou ces applications mobiles? », les huit aspects reliés à la santé et au bien-être les plus suivis au moyen d’applications mobiles par les aînés internautes québécois disposant d’un téléphone intelligent ou d’une tablette électronique sont :

  • l’activité physique régulière (32 %) ;
  • la prise de médicaments (26 %) ;
  • le sommeil (24 %) ;
  • la santé cardiovasculaire ou respiratoire (20 %) ;
  • la nutrition et les habitudes alimentaires (17 %) ;
  • le poids (15 %) ;
  • la condition reliée au métabolisme (ex. : diabète) 10 % ;
  • les performances sportives (5%).

Télésoin

Mais le grand chantier de l’avenir réside sans aucun doute dans les soins de santé à domicile.

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Si les aînés ont dû inévitablement s’adapter au contexte et apprendre à utiliser la technologie pour communiquer avec leurs proches durant la pandémie (voir l’article précédent), plusieurs ont extrapolé en trouvant l’occasion d’utiliser des objets connectés qui facilitent leur quotidien et, pourquoi pas, rassurent leur famille lorsqu’elle ne peut pas être présente.

Une capsule vidéo vaut mille mots. Si vous disposez de six petites minutes, voyez ce que nous dit le docteur Philippe Voyer (Ph. D. en sciences infirmières) à ce sujet en cliquant ici. Il est question de la visite à domicile d’infirmiers qui, souvent, ne serait pas nécessaire, mais qui monopolise des ressources humaines de plus en plus rares.

On vous donnera un exemple de combinaison d’équipements électroniques pour améliorer l’accès aux données vitales et assurer un suivi adéquat. Dans l‘exemple du professeur Voyer, il est question d’assistant vocal, de montre intelligente, de pilulier, de balance. Toutes les données sont compilées dans un tableau de bord. Grâce aux algorithmes et à un jeu de couleurs, chacun des indicateurs indique le niveau d’intervention nécessaire : tout est OK (vert), à surveiller (jaune) ou urgent (rouge).

Quelques gadgets pouvant être utilisés

  • Les assistants personnels
    Ces petites tablettes connectées sont des enceintes capables de reproduire de la musique ou de donner n’importe quelle information demandée par l’utilisateur. Elles permettent aussi de répondre à des questionnaires médicaux spécifiques et à colliger les résultats. Elles permettent de limiter les déplacements du personne âgée au sein du domicile et lui proposent facilement des solutions dont il ou elle aura besoin.
  • Les montres connectées
    Connectés à une application mobile, ces bracelets intelligents, en plus de donner l’heure bien sûr, permettent de surveiller en permanence l’état de santé. Elles mesurent les paramètres vitaux comme le rythme cardiaque, le taux d’oxygénation, la tension artérielle, la glycémie et la qualité du sommeil. De plus, elles signalent immédiatement les cas de chute ou de problème de santé.
  • Le pilulier connecté
    L’Organisation mondiale de la santé soutient que « 90 % des personnes âgées font des erreurs de médicaments ». USA Today renchérit : « Aux États-Unis, les erreurs de médicaments ajoutent un surplus de 350 milliards par an ». Toutes les personnes touchées par une maladie chronique et leurs soignants le savent : le plus difficile, c’est l’oubli et le manque de régularité dans la prise des médicaments.
  • Le verre connecté
    Ce verre envoie un signal lorsqu’il estime que la personne n’a pas bu assez d’eau dans la journée, ceci afin d’éviter les risques de déshydratation.
  • La balance connectée
    Selon les modèles, la balance connectée :

    • indique le poids de façon précise (affichage numérique au gramme près) ;
    • calcule l’indice de masse corporelle (IMC) ;
    • le pourcentage de la masse grasse ou masse graisseuse ;
    • le pourcentage de la masse musculaire ;
    • le pourcentage de la masse osseuse ;
    • le pourcentage de la masse hydrique (poids représenté par l’ensemble des liquides/fluides contenus dans le corps par rapport aux poids total).
    • Certains modèles peuvent même analyser le rythme cardiaque ou encore mesurer la qualité de l’air et la température ambiante.

Il devient aisé de recueillir une très grande quantité de données, brutes ou traitées. Celles-ci peuvent aller de mesures physiologiques, comme le poids, le pouls, la tension artérielle ou la glycémie, jusqu’à un compte rendu des déplacements d’une personne dans son domicile, en passant par les notes prises par des professionnels de la santé. Toutes les données recueillies deviennent une source de grande valeur pour poser de meilleurs diagnostics ou assurer un suivi adéquat à la condition de santé d’une personne (Lamothe et coll., 2013).

Si la technologie peut être d’une grande aide pour informer et démontrer l’état de santé et du bien-être, la visite régulière d’une aide à domicile professionnelle demeure la meilleure solution pour apporter une écoute et un soutien adapté.

Et voilà! Voyez-vous maintenant pourquoi j’allègue que « Aînées, Aînés et outils numériques » constituent un bel amalgame?

Pierre Delisle

5 réflexions sur « Aînées, aînés et outils numériques : un bel amalgame ! (3e partie) »

  1. Une situation spéciale que mon épouse et moi sommes en train de vivre : deux vieux octogénaires qui perdent leur médecin de famille car ce médecin change de carrière en se dédiant aux services à domicile… ce que nous n’avons aucunement besoin en ce moment même à notre âge repectif de 80 et 82 ans car nous sommes plutôt autonomes et capables de se déplacer !

    Quelque soit la forme du SYSTÈME et les outils, ce ne sera jamais simple. Malgré tout, le SYSTÈME fonctionne pour moi. On m’a sauver la vie à 69 ans (opération à coeur ouvert) et à 79 ans d’un cancer !

    Anecdote caucase ! Au CHUM en 2022 on m’a demandé fréquement de valider mon nom. Avant de passer dans la machine à émission de protons, lorsqu’on m’a encore demandé mon nom, moi le physicien nucléaire j’ai répondu EINSTEIN ! 🙂

    1. Vous avez sûrement compris mais tout de même, excusez-moi, je voulais écrire COCASSE et non caucase !

  2. Bravo et merci Monsieur Delisle, pour l’ensemble des trois parties.
    Recherches et mises en page, toujours excellentes.
    Bonne saison à toute l’équipe du CIMB.
    Meilleures salutations,
    Michel Cloutier
    Gestionnaire
    CIVBDL

  3. Bonjour Pierre Delisle,
    MERCI pour cet article fort intéressant et surtout très instructif.
    Robert Bujold

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